mots d'algérie
mise en musique de textes de mohammed dib , création OFF festival de jazz de Montréal , juillet 2003
gnawa
Un hommage à l'un des plus grands écrivains algériens de langue française, par :
mohamed beldjoudi guitare orientale et percussions
catherine delaunay clarinettes et cornemuse
bruno tocanne batterie
pasquale d'inca
récitant

l'enfant jazz
mohammed dib
clepsydre - éditions de la différence - extrait de la note préliminaire

...La poésie, comme la nature, a horreur du vide et du vacarme dont il nous assiège.
Elle nous advient entourée du plus grand silence, sans un mot, car elle est ce qui défie les mots.
Enfance de l'être, liberté : enfance et liberté de l'art est-elle. " La littérature, je l'ai lentement voulu montrer,  c'est l'enfance enfin retrouvée" (Georges Bataille, La Littérature et le mal).
Et c'est plus singulièrement vrai pour la poésie.

Cette enfance. Cet enfant-ci, l'enfant-jazz. Jazzy.
Jusque dans les plantations de coton du Mississipi, de La Louisiane, les esclaves noirs,
qui avaient d'abord été des femmes et des hommes francs du collier, ont créé l'imprévu :
blues et jazz, un espace de pure poésie et de liberté.

Sous les mêmes contraintes, l'enfant-jazz dé-couvre aussi pour lui, pour nous, des espaces de liberté.
Il ne parle pourtant que pour soi et à la troisième personne...
Sans livrer ses secrets, qui ne seraient plus des secrets, ce roi, défi à une poésie impudiquement
poétique, comme sa parole, avance nu.

Ainsi va la jazz. Ainsi va l'enfance. Enfance. Jazz. Esclavage.
Sans trop se payer de mots, avec des mots, au ras des maux, ils vont ainsi, poètes et nus.