Trio Résistances
Global songs
Le
trio Résistances poursuit son engagement avec Global songs : une
musique très personnelle, jalonnée d'intonations alter-mondialistes,
sur la base de chansons révolutionnaires et sans frontières. Un jazz
dissident et exigeant où circule un souffle "révolutionnaire".
En
2002, Tocanne, Martin et Keller entraient en Résistances. Aujourd'hui
de retour avec Global songs, le trio reste un héraut de l'égalité
et de
la liberté, engagé en musique comme en politique... « Le titre Global
songs est à plusieurs entrées, explique Bruno Tocanne.
"Global" est
souvent utilisé pour évoquer la mondialisation la plus libérale et je
trouvais la juxtaposition avec “songs” ("chansons") étant pour moi
synonyme de poésie), un peu provocante... D'un autre point de vue, les
chansons de lutte et d'espoir n'ont pas plus de frontières que la
musique, donc “global” peut être pris, là, dans un sens
alter-mondialiste... »
Le trio improvise sur des hymnes
révolutionnaires comme le Venceremos du Chilien Sergio Ortega, hymne de
l'Unité populaire pendant la campagne d'Allende, en écho au célèbre We
shall overcome, chant de ralliement du mouvement des droits civiques de
Martin Luther King,
et le Senhor Arcanjo de José Alphonso (évocation de
la Révolution des œillets au Portugal). Il reprend le poignant Sandino
du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden, et joue sur des thèmes
signés par les trois musiciens.
Leur répertoire fait vibrer notre mémoire collective. Un écho des
années de braise, avec le souffle mais sans l'arrière-goût de
réchauffé.
Car ce folklore ne se veut jamais partisan, et encore moins
imaginaire… Leur musique intègre ne répond à aucune sollicitation
commerciale du moment. Le trio reflète d'ailleurs ses principes
politiques dans son jeu. L'égalité d'abord, la liberté ensuite,
traduite par la diversité du jeu,
qui alterne free contrôlé,
improvisations mélodieuses, et chants militants.
Si l'aventure du trio est collective, Bruno Tocanne en est
incontestablement le fer de lance.
Partenaire de Sophia Domancich au
tournant des années 90, le batteur joue le rôle d'un catalyseur
d'idées, de sensations et d'émotions,
auprès de Lionel Martin aux
saxophones, inventif, raffiné et pulsionnel, et de Benoît Keller à la
contrebasse, subtilement tellurique.
La presse
"Bruno
Tocanne, Lionel Martin et Benoît Keller savent ce que résister veut
dire. C'est choisir de ne pas aller dans le sens du courant ou,
autrement dit, de remonter la pente plutôt que de la descendre. Presque
chaque instant de cet enregistrement nous en fournit la preuve.
C'est
une musique vive, tendue, qui ne garde que l'essentiel. On chercherait
en vain ici la moindre concession. Dans cette formation,
sans leader
apparent, les idées sont fraîches et libres comme les airs. Dans un
répertoire essentiellement de leur cru, ils arrivent à concilier
leur
sens mélodique tout en maintenant la tension. La résistance et son
corollaire, la libération, sont omniprésentes."
Renaud Czarnes. Jazzman ***
Lionel Martin saxophones,
Benoît Keller contrebasse,
Bruno Tocanne batterie
Théâtre Chanzy
15 décembre 2005